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DPE : au 1er janvier 2026, le calcul évolue et certains logements gagnent une étiquette
15 Décembre 2025

DPE : au 1er janvier 2026, le calcul évolue et certains logements gagnent une étiquette

Au 1er janvier 2026, le DPE change sur un point précis, mais décisif : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9. Ce paramètre pèse directement dans le calcul de la consommation “en énergie primaire”, utilisée pour classer un logement. Concrètement, un logement chauffé à l’électricité peut voir son résultat s’améliorer sans modification du bâti, simplement parce que la règle de conversion devient moins pénalisante.

Cette évolution arrive dans un contexte où la note DPE n’est plus une information neutre. Elle influence la possibilité de louer selon le calendrier d’interdiction des logements les plus énergivores, elle pèse sur la négociation d’un prix de vente, et elle conditionne de plus en plus souvent la manière dont un projet de rénovation est présenté et financé. Le coefficient 2,3 faisait l’objet de critiques depuis plusieurs années, car il pouvait dégrader la classe de logements chauffés à l’électricité, y compris quand le logement avait déjà bénéficié de travaux. L’abaissement à 1,9 rapproche le calcul de référentiels européens et tient compte d’un mix électrique français plus faiblement carboné que celui de nombreux voisins.

Ce que ça change pour les bailleurs et les vendeurs

Pour les propriétaires bailleurs, l’enjeu est immédiat : certains logements situés au seuil entre deux classes pourraient basculer vers une étiquette plus favorable (par exemple de F vers E, ou de E vers D). Selon le cas, cela peut modifier l’urgence d’un programme de travaux, la capacité à maintenir un bien sur le marché locatif, ou la stratégie de remise en location après un départ. Attention toutefois au point de méthode : une meilleure classe ne signifie pas automatiquement une baisse réelle des factures. Si l’isolation reste limitée ou si le logement est exposé (dernier étage, murs froids, ventilation mal réglée), l’occupant peut continuer à ressentir l’inconfort, même avec une lettre plus “présentable”.

En vente, l’impact est surtout commercial et psychologique. Une étiquette plus haute facilite la lecture d’une annonce, rassure une partie des acquéreurs et limite certains effets de décote. C’est particulièrement vrai sur les petites surfaces chauffées à l’électrique, où l’étiquette peut peser disproportionnellement dans la décision, alors que la consommation annuelle réelle dépend aussi des usages et de l’occupation.

La question pratique : refaire un DPE ou attendre ?

Cette réforme va relancer un arbitrage chez de nombreux propriétaires : actualiser le DPE pour bénéficier d’un calcul plus favorable, ou conserver un DPE en cours de validité. Il n’y a pas de réponse unique. Le bon raisonnement consiste à croiser trois éléments : l’énergie de chauffage, la position du logement par rapport aux seuils de classe, et l’objectif (mise en location, vente, ou simple pilotage de travaux). Pour un diagnostiqueur, le point central reste la cohérence : un DPE doit être vérifiable, exploitable et aligné avec la situation réelle du bien et le dossier transmis. C’est cette cohérence qui évite les blocages, les contestations et les décisions prises sur une mauvaise lecture de l’étiquette.